08 septembre 2009
Point d'orgue
Il y a toujours cet espace suspendu qui nous sépare, impossible d'en connaître réellement la distance, il échappe à notre conscience. J'ai souvent cru que je serais incapable de l'approcher, autant espéré pouvoir l'effleurer. Et puis quand ce jour arrive et que l'harmonie est trouvée, alors qu'on y avait presque renoncé, la surprise n'en est que plus grande. Oui, tu es là, enfin, en face de moi. Je te regarde, je t'admire, osant à peine y croire. Je veux tenir cette note sans limite, faire durer le rêve ainsi matérialisé. Nous sourions à l'unisson dans un silence extatique.
11 août 2009
Amstramgram
Je ne sais plus quoi penser, faut-il encore essayer, espérer ? Tout se brouille, et le sol se dérobe sous mes pieds. Il me semble que tout se déroule au ralenti. Il est encore plus difficile de surmonter l'épreuve lorsqu'on se voit chuter sur le piège que l'on nous a tendu. Encore une fois je me suis perdue. Dans le labyrinthe, je me retrouve devant un mur. Je ne rentre toujours pas dans la case, je suis inadaptée, on l'a décidé ainsi pour moi. La déception passée, je rebrousse chemin. Demain je tenterai un nouveau passage. Je cherche, peut être en vain, une porte de sortie, mais c'est pour moi la seul façon d'accepter l'intolérable conditionnement. Je persévère, encore. De toutes évidences, il est trop tôt. Je m'impatiente, je n'abandonne pas. Je n'abandonnerai jamais, certainement. Et s'il n'y avait rien pour moi ici, j'aurais sans doute fourni beaucoup d'efforts pour pas grand chose. Tant pis, il le fallait, pour ne pas leur ressembler, pour ne pas se laisser contaminer par le gris de leurs mines défaites et résignées.
25 mai 2009
Qui de la cigale et de la fourmi ?
J'ai l'impression de me réveiller alors que la plupart s'endorme doucement à l'arrivée des beaux jours sous prétexte qu'il fait trop chaud pour travailler. Je les ai regardés s'activer tout l'hiver, stressés par la chute de leurs actions et de leurs cheveux. Combien de temps gaspillé encore à se voiler la face, à fuir avec pour seul récompense quelques dollars de plus. La peur de se retrouver pomme, montré du doigt, moqué. La vanité est sans aucun doute un défaut qui se paie très cher. Je rêve parfois de déménagement, pour pouvoir m'asseoir ailleurs alors que ce n'est que mon regard que je dois porter au plus loin, je le sais bien. Mon nouvel horizon est ici, je vais peut-être passer toute ma vie à écrire mais pour cela il faut absolument que je trouve quelque chose à écouter.
15 mai 2009
Lie to me
Deux étudiantes me demandent un stage dans ma société, une se désiste, impossibilité de se déplacer jusqu'à moi, l'autre se fait excusée par son père. Hier soir, assise dans l'herbe, je raconte mon passé, je regarde au loin ou baisse les yeux. Toujours ce sentiment coupable d'avoir eu une chance incroyable. Je ne pouvais pas faire comme tout le monde. L'éducation scolaire impose une règle de conduite qui s'adresse à la majorité, il me soutient que cette méthode ne conditionne pas l'enfant. Il est persuadé de me convaincre un jour du bien fondé des théories de soit-disant pédagogues. Je ris.
Tu tires la couverture à toi, ils, elles tirent la couverture à eux. Incapacité inavouable à savoir qui ils sont. Besoin chronique d'être rassurés, continuellement. Abus d'autorités. Et finalement ce sont toujours les innocents qui trinquent.
À en croire les "nouvelles" qui tournent en boucle à la télévision, certains préfèrent même mourir plutôt que d'affronter la réalité. Depuis toujours on rejoue les mêmes histoires et je vais bien finir par accepter que je ne peux rien faire contre le manque de courage de la plupart d'entre nous à se remettre en question et assumer ses erreurs. Je me résous à me défendre avec l'histoire du roseau qui en apparence si fin et fragile, plie mais ne rond pas. Ma force je la puise chez toi.
Ne me ferais-je donc, moi non plus, pas suffisamment confiance ? Je te regarde et me reconnais, enfin.
06 mars 2009
En direct à la télé
27 janvier 2009
en espoir de cause
Je n'attendais plus rien et l'improbable est arrivé. Est-ce que l'envie et la rage d'un seul être humain pour sortir de l'abîme permet à ceux qui l'entendent d'être à leur tour poussés au dehors du trou ? Nous sommes paralysés par la peur de la catastrophe, nous nous infligeons les pires tortures, n'acceptons plus aucune critique. Et si cette angoisse devenait la source d'une réaction inverse, un électrochoc qui nous guiderait vers...un renouveau ? Je ne sais si nous sommes capables d'apprendre de nos erreurs, pourtant on ne reprendra plus un enfant qui se fait mal ou se brûle après s'être approché trop près d'un mèche incandescente. Il n'y a peut-être ici aucune preuve plus évidente de la nécessité d'un apprentissage et d'une éducation, car il n'y a pas d'armes pour combattre les paroles de mépris et de haine qui nous fait considérer la personne qui n'est pas d'accord avec nous comme un ennemi à éliminer si ce n'est celle de la résistance d'un esprit libéré. Le seul vrai problème est : comment créer de l'avis éclairé ?"
19 janvier 2009
L'an neuf
Tout est une question d'interprétation. La plupart du temps, les problèmes nous nous les créons, par orgueil, nous sommes aveugles de tout l'amour qu'on nous porte. Les malentendus naissent de cette carence. Quand nous avons longtemps été privé de quelque chose, persuadés que ce manque nous empêchait de nous épanouir et d'atteindre l'ultime bonheur, nous sommes prêts à tout pour conquérir cette terre promise, ce soit-disant Eldorado. Quand je dis que nous sommes capables de tout, j'inclue là-dedans surtout les pires bassesses, parce qu'il semble que ce soit à la mode de le revendiquer. Nous nous sentons et savons condamnés alors nous en faisons des tonnes, privilégiant uniquement notre perception, réclamant de vive voix notre expression individuelle, nous accordant uniquement à nous notre "liberté de penser". Notre vanité nous porte parfois jusqu'aux cimes, et pourtant nous continuons de scier la branche sur laquelle nous nous sommes élevés, non pas par jeu ou goût du risque, mais par lâcheté. La peur est partout.
N'est-ce pas là un témoignage du début d'une nouvelle ère ?
24 décembre 2008
Un coeur est pris
Il a tourné la tête, je crois qu'il ne m'a jamais regardée de cette façon auparavant. Tout de suite, je lui ai dit qu'il ne pouvait pas se fier à ce qu'il avait vécu. Maintenant et ce qu'il y a venir est et sera différent. Dans l'idéal, il faudrait que tu oublies le passé pour qu'il ne revienne jamais au galop. Nous sommes hantés par le souvenir, particulièrement de nos erreurs. Je ne voudrais pas les commettre à nouveau. Il remplit l'air de paroles futiles, il dit que c'est pour me faire rire, je sais que c'est pour masquer sa gêne et son désarroi. J'aime les silences et les anges qui passent. Encore une fois, je reconnais la lueur qui illuminent ses yeux. Il me faut maintenant tout mettre en oeuvre pour la conserver. Surtout ne pas avoir de regrets, je ne le supporterai pas. Le plus difficile reste de donner sa confiance en prenant le risque de se tromper.
15 octobre 2008
le passage à l'Olympe
La culture de masse creuse dans son sillon plus de possibilités qu'une culture académique ancienne et figée. Cependant, le courant actuel, dans sa recherche de la qualité moyenne — celle qui saura séduire le plus grand nombre — surfe sur une vague qui ne causera jamais aucun débordement, ni aucun tsunami. La culture industrielle, obnubilée par la nécessité de consommation, détruit ses propres possibilités. Sous d'autres formes, entre le conformisme et la création, le modèle et l'invention, je cherche encore ma place.
13 octobre 2008
À polémique
Doucement je me roule en boule pour ne plus rien entendre, se protéger est un réflexe inné. Je reconnais toujours ceux qui me nuisent, sans pour autant pouvoir trouver une quelconque satisfaction. Longtemps, j'ai fui et me suis essoufflée, maintenant je cours pour te rejoindre. La preuve que tu existes donne le départ d'une nouvelle course. L'ancienne s'arrête ici et j'avoue que je suis presque déçue me demandant presque quels intérêts me maintiennent encore en vie. Il faut pourtant accepter de perdre quelque chose pour en trouver une autre. Bientôt j'écarterai les doigts et laisserai filer les petites bobines que j'ai si soigneusement enroulées. C'est vrai, elles m'ont beaucoup servies et ce laborieux travail n'a pas été inutile, mais il est temps de regarder plus loin, aussi loin que mon intuition me le permette. Et puis je sais que je ne suis plus seule. Je sens ta main sur ma nuque, tout le long de mon dos, elle descend, lentement, jusqu'au creux de mes reins. Quand tu reviendras, c'est ainsi qu'il faudra faire renaître la flamme.